Comment le doute nous impacte politiquement et sportivement

Ecrit par Alexandre Jaafari. Image d'illustration : "Crookhey Hall” de Leonora Carrington.

Introduction

Lundi 16 mars 2026. Le premier tour des élections municipales à Paris vient de rendre son verdict : Emmanuel Grégoire recueille 37.98% des voix, Rachida Dati 25.46% alors que Sophia Chikirou clôt la marche avec 11.72%.

Le Parti Socialiste et la bourgeoisie centriste enclenchent la stratégie de la peur: c’est eux ou le fascisme. Le but est simple, obtenir le vote du peuple en les terrifiant. Leurs éléments de langage sont brutaux :

  • “Si Rachida Dati arrive au pouvoir, vous allez perdre vos HLM.”

  • “Si Rachida Dati arrive au pouvoir, les associations vont perdre leurs subventions.”

  • “Si Rachida Dati arrive au pouvoir, les loyers vont exploser.”

Fidèles à eux-mêmes, le Parti Socialiste (PS) et ses laquais issus du Parti Communiste Français (PCF) veulent se faire élire en diabolisant la droite et non pas en valorisant un projet de gauche. Rien ne les différencie de Macron.

 

Compte Instagram de Ian Brossat : https://www.instagram.com/reel/DU3yF44Ddra/

 

Leur stratégie diabolique va tout balayer, la peur se répand comme un feu de prairie au sein des électeurs de gauche qui vacillent un par un. Il faut assurer la victoire d’Emmanuel Grégoire afin de faire barrage à Rachida Dati. Tant pis pour le projet de gauche ambitieux de Sophia Chikirou.

Le résultat est sans appel : Emmanuel Grégoire remporte le second tour avec 50.52% des voix, Rachida Dat arrive à la seconde place avec 41.52% des voix tandis que Sophia Chikirou finit avec 7.96% des voix.

La stratégie de la peur a fonctionné. Le PS n’avait pas besoin d’autant de voix. Des électeurs de gauche radicale ont cédé au doute. La conséquence est réelle. Avec ce faible nombre de voix, La France Insoumise perd des élus au conseil municipal.

 

Source : Municipales 2026 : comment expliquer l’écart entre certains sondages et les résultats

 

Quelques jours plus tard, Le Monde partage ces données de Cluster 17 qui sont fascinantes. L’institut de sondages a interrogé des votants de Sophia Chikirou au 1er tour à 4 reprises :

  • 5 jours avant le second tour : 92% disaient voter pour Sophia Chikirou et 7% pour Emmanuel Grégoire. 1% ne se prononçait pas.

  • 3 jours avant le second tour : 86% disaient voter pour Sophia Chikirou et 14% pour Emmanuel Grégoire.

  • 1 jour avant le second tour : 76% disaient voter pour Sophia Chikirou et 24% pour Emmanuel Grégoire.

  • le jour de l’élection : 66% annoncent voter pour Sophia Chikirou et 34% pour Emmanuel Grégoire.

Ces chiffres sont édifiants tellement ils documentent l’écroulement des convictions des électeurs de gauche face à la menace fasciste. Pourtant, au final, Emmanuel Grégoire s’impose avec 9 points de pourcentage d’avance. Il y avait donc de la place pour envoyer davantage d’élus insoumis au conseil municipal et entailler davantage la domination socialiste parisienne qui dure maintenant depuis 25 ans.

Après cette longue introduction, je veux voir avec vous dans cet article comment le doute ronge la confiance. En tant que coach de handball qui va attaquer sa 23ème année, j’ai observé toute ma vie à quel point le doute sabote une performance. Or, une élection reste une compétition et donc une performance. Des parallèles peuvent se faire entre la politique et le sport pour mieux comprendre ces deux domaines.

Pour cela, je vais explorer ce qu’il se dit dans le monde de la science sur le doute dans le milieu du sport et de la politique.


  1. Comment marchent les émotions

Tout d’abord, il convient de revenir sur les émotions. Je rappelle qu’une émotion est une réaction psychophysiologique brève, intense et spontanée face à un événement extérieur ou une pensée. Elle se différencie du sentiment qui est, lui, une construction durable.

Les émotions peuvent être classifiées selon deux axes. Le premier axe mobilise les émotions agréables contre les émotions désagréables tandis que le second axe mobilise les émotions à forte activation contre les émotions à faible activation.

“Enthusiastic and energetic represented pleasant high active emotions, anger and anxiety represented unpleasant high active emotions; happy, calm and still represented pleasant low active emotions, and downhearted and sluggish represented unpleasant low active emotion” (Friesen A et al.2019)

“Les émotions Enthousiaste et Energétique représentent les émotions plaisantes à haute action. La Colère et l’Anxiété représentent les émotions désagréables à haute activation. Le Bonheur et le Calme sont des émotions plaisantes à basse activation. Enfin, les émotions Abattu et Apathique sont les émotions désagréables à basse activation.” 


Cette cartographie des émotions nous permet de mieux les comprendre afin de les mobiliser efficacement  pour expliquer nos comportements dans des moments de tension compétitive.

Pour cela, je vais partir de l’individu avant de sauter aux rencontres sportives. Puis, je finirai sur le champ massif que sont les élections politiques.



A. Les stratégies individuelles de protection émotionnelle

J’ai toujours été fasciné et agacé par les individus qui se persuadent en boucle que la gauche va perdre aux élections. J’ai toujours ressenti beaucoup de mépris pour ces gens pour deux raisons.

La première concerne la nature nihiliste du défaitisme. Il n’apporte rien de positif, il a pour seule fonction de se répandre. La seconde raison est que ce pessimisme s’accompagne toujours d’un sentiment de supériorité intellectuelle. Les prêcheurs de la défaite sont toujours très fiers de rappeler qu’ils avaient raison d’annoncer la défaite du camp de la gauche alors qu’ils y ont activement contribué en démoralisant leurs troupes.

Cette stratégie négative est répandue et a été identifiée par la science à travers deux tactiques négatives de gestion de l’anxiété :

  • Le pessimisme défensif est une première tactique souvent utilisée par les individus avec une faible estime de soi. Il consiste à se mettre des objectifs très bas même lorsque des succès passés sont connus. Les gens qui utilisent le pessimisme défensif ont tendance à dépenser énormément d’énergie à imaginer tous les scénarios catastrophes afin de se préparer à l’échec. Ce pessimisme va servir de motivateur. En conséquence, les utilisateurs de cette tactique vont déployer plus d’efforts pour éviter le pire. Malheureusement, ils s’émoussent inévitablement au bout de quelques années. Ils ressentent plus de stress, de symptômes psychologiques et moins de satisfaction dans leur vies (Ramírez-Maestre et al.2020).

  • L’auto-handicap est une deuxième tactique utilisée pour préserver son estime de soi. Elle consiste à créer une accumulation d’obstacles et de justifications afin de diminuer sa responsabilité personnelle en cas d’échec. Elle a pour conséquence de diminuer l’anxiété mais aussi de baisser les efforts déployés. Plus besoin de se donner vu qu’on va perdre.

Vous l’avez compris, ces tactiques négatives sont des processus individuels. Or, c’est précisément cette caractéristique individuelle qui incite à sous-estimer les conséquences de ces tactiques. Pourtant, elles ont un impact direct sur les organisations collectives comme nous allons le voir dans la partie suivante.


B. Les émotions dans le sport

En découvrant les tactiques de gestion de l’anxiété, on pourrait penser qu’elles sont envisageables. C’est faux pour trois raisons :

  • Elles ne marchent que sur le court terme.

  • Elles provoquent des dégâts sur le long terme.

  • Elles ne sont efficaces que sur le plan individuel.

En effet, mes lectures m’ont fait comprendre qu’un écroulement collectif d’une équipe n’est pas l’addition d’échecs de plusieurs joueurs qui échouent en même temps mais une contagion. Il y a à la base un joueur qui se retrouve en crise de confiance. Son langage corporel va alors se répandre au sein du collectif comme la peste.

Cette crise de confiance est terrible car elle entraîne les 3 conséquences suivantes :

  • Le besoin de se déresponsabiliser de l’échec augmente. En conséquence, la nécessité de blâmer un bouc-émissaire augmente.

  • La communication baisse entre les membres de l’équipe, les possibilités d’ajustement sont donc réduites.

  • Enfin, l’importance des facteurs externes augmente aux yeux des joueurs. Ils vont donc davantage se concentrer sur l’arbitre, le public et oublier de se concentrer sur les paramètres qu’ils peuvent gérer eux-mêmes.

Ceci a des conséquences désastreuses car les athlètes en effondrement émotionnel veulent faire le moins d’erreurs possible afin de ne pas être tenus responsables de la défaite. Ils vont donc diminuer leur créativité et leur prise de risque.

En gros, lors d’un écroulement émotionnel collectif, les joueurs vont davantage jouer pour ne pas être responsable de la défaite que jouer pour appliquer les plans de jeu collectif, se faire plaisir et potentiellement revenir au score.

Ce phénomène ne se limite pas au plan émotionnel et entraîne des effets physiques. Ainsi, une étude faite sur des joueurs de hockey a observé qu’en cas d’écroulement émotionnel, les joueurs faisaient moins d’efforts physiques. Ils passaient de 2.01mètres par seconde(m/s) parcourus à 1.95m/s. Sous l’injonction du désespoir, ils se sabotaient physiquement (Vanessa Wergin et al. 2021).

En conclusion, toute personne qui serait convaincue que le pessimisme défensif ou l’auto-handicap est une tactique valide pour elle, aurait complètement tort de continuer sur ce chemin à l’instant où elle pénètre un groupe.

En effet, non seulement elle sabote son futur à cause des effets psychologiques négatifs de ces tactiques. Mais en plus, quand elle aura contaminé les membres de son groupe, les effets bénéfiques de ces tactiques s'effaceront et seules les émotions négatives resteront.


C. Les facteurs de la contagion émotionnelle au sein d’un groupe

Nous avons vu que le doute et l’effondrement émotionnel s’invitent dans une équipe de sport par un patient zéro qui va adopter un langage corporel négatif.

Mais nous n’avons pas vu comment cette émotion négative se propage au sein d’un collectif. Je vous propose de développer 5 enseignements qui nous permettent de mieux comprendre la contagion émotionnelle au sein d’un groupe :

1. Les leaders sont des supers agents de contamination émotionnelle. De par leurs émotions positives ou négatives, ils peuvent considérablement impacter le climat émotionnel du groupe qui va influencer l’effort fourni, la coordination des joueurs et la performance.

A ce sujet, une étude de Moll & Davies (2021) a organisé un exercice de passes avec des footballeurs. Après le premier passage, un coach faisait un feedback avec de la fierté, du bonheur, de la honte ou une neutralité émotionnelle. Les footballeurs s’amélioraient de 9.2 secondes après un feedback fier et de 7.3 secondes après un feedback heureux. Par contre, le feedback neutre n’apportait rien alors que le feedback honteux dégradait la performance de 9.6 secondes !


2. Or, l’humeur d’un vestiaire prime sur l’humeur individuelle. Ainsi, Rumbold et al. (2022), ont démontré que le poids du vestiaire est 4 à 5 fois supérieur à celui de la personnalité. Un joueur serein plongé dans un vestiaire anxieux verra son angoisse monter. A l’inverse, un joueur anxieux plongé dans un vestiaire serein se calmera.


3. Le langage corporel est un vecteur de transmission d'émotions. Moll et al. (2010) ont analysé 151 tirs dans diverses compétitions de football. Les chercheurs ont observé et listé les gestes de célébration. Le geste le plus symbolique de la fierté, à savoir les deux bras au-dessus de la tête, tendus vers le ciel, avec le torse bombé, avait un effet létal. Le tireur adverse suivant la célébration avait 2.35 fois plus de chances de rater son pénalty.

 De plus, les buteurs qui célébraient avec les deux bras tendus avaient entre 79% à 82% de chances de gagner la session de tirs aux buts tandis que les autres célébrations avaient 48% à 51% de chances de gagner.

 
On apprend très jeunes aux joueuses scandinaves de handball à lever les deux bras au ciel au moindre duel remporté.

On apprend très jeunes aux joueuses scandinaves de handball à lever les deux bras au ciel au moindre duel remporté.

 



4. Les émotions négatives nuisent à la coopération. Une étude de Barsade (2002) a divisé 94 participant·e·s en des groupes de tailles variables qui devaient effectuer une tâche. Dans chaque groupe se cachait un complice qui devait être agréable ou désagréable et qui adoptait une haute ou une basse énergie.

Les groupes avec le complice à haute ou basse énergie n’avaient aucune différence. Par contre, les groupes avec un complice désagréable avaient plus de conflits et moins de coopération. A posteriori, les membres de ces groupes se sont attribués de mauvaises évaluations de performances.



5. Les caractéristiques des personnes sont des points importants pour comprendre la contagion émotionnelle. Selon une étude de Totterdell (2000) dans une équipe de cricket, les joueurs les plus poreux à l’émotion de groupe sont les joueurs les plus âgés et les plus engagés dans le collectif. De plus, selon Doherty et al. (1995), les femmes sont plus poreuses à la contagion émotionnelle.
Enfin, une étude de Ilies et al.(2007) a montré que les gens à tendance collectiviste sont davantage contaminés par l’émotion du groupe.


D. Que retirer de tout ce blabla-scientifique ?

Je suis conscient de vous avoir inondé sous de multiples références scientifiques. Je vous propose donc de synthétiser tout ce que je viens de vous apprendre. Tout d’abord, il faut comprendre que le doute est un virus qui se propage automatiquement. On ne choisit pas d'y être exposé, ni d'y succomber mais on choisit de le répandre.

Ainsi, les tactiques de gestion de l’anxiété que sont le pessimisme défensif et le auto-handicap sont des pansements éphémères. Ils permettent de contenir un temps son angoisse mais ils sont un vrai poison. De plus, ils sont le terreau parfait pour une épidémie. En effet, un effondrement collectif ne vient pas d’une somme d’échecs individuels, il vient d’un patient zéro qui va contaminer tout son collectif.

En gros, choisir de maintenir une stratégie de pessimisme défensif quand on fréquente un collectif est une action de sabotage délibéré. Notre langage corporel est fin, et surtout, il nous échappe. Il se transmet par contagion, spontanément, sans qu'on y pense.

La bonne nouvelle, c'est que si on ne choisit pas d'être contaminé, on peut en revanche choisir d'adopter des comportements corporels positifs. Avoir la tête haute, bomber le torse, lever les bras sont autant de gestes qui irradient la fierté et la victoire.

Les leaders et les influenceurs, même de micro-groupes, doivent absolument être conscients de ces mécaniques. Leurs émotions amplifient celles de ceux dont ils sont responsables. Ils peuvent être les pires poisons pour un groupe comme les lueurs d’espoir les plus brillantes

Enfin, l’humeur collective écrase l’humeur individuelle en termes d’importance. L’individu va davantage être contaminé par le groupe que l’inverse. Ce dernier point semble paradoxal étant donné que j’ai expliqué au début qu’un seul individu au langage corporel positif ou négatif pouvait influencer un groupe.


Il faut voir cette mécanique comme une allumette qui incendie une forêt. L’allumette a beaucoup d’importance pour mettre le feu à la forêt, mais une fois que l’incendie est répandu, le feu est inarrêtable par un seul individu. En gros, l’individu déclenche la contagion émotionnelle avant que le groupe l’amplifie et la stabilise.




II. Les élections restent une performance compétitive collective

Plus je m’intéresse à la politique et plus j’étudie la sociologie et l’histoire, plus je suis persuadé que les élections politiques partagent beaucoup de points communs avec une compétition sportive.

C’est pourquoi on peut faire beaucoup de parallèles entre ce que nous venons d’apprendre et les élections municipales. Tout d’abord, quand on reprend les chiffres de Cluster 17 et la chute des intentions de vote pour Sophia Chikirou au second tour, on comprend qu’il y a eu une contagion émotionnelle. Une panique s’est propagée au sein des votant·e·s pro-LFI.

Ensuite, les éléments de langage servant à apeurer la population ont servi de langage corporel défaitiste. Cette peur a eu le même effet que sur un terrain de sport. Quand la contagion était opérée et le désespoir installé, les électeurs ont agi par peur d’être responsables de la défaite plutôt que par l’envie de gagner.

Les sondages et le matraquage médiatique ont servi à la création d’une humeur collective. Les électeurs insoumis n’ont pas réussi à imaginer une potentielle victoire tellement ils ont été découragés par les sondages qui ont eu le même effet qu’une humeur collective défaitiste.



A ce sujet, une étude de Lehmann-Willenbrock et al. (2016) a établi des ponts fascinants entre l’humeur positive ou négative et l’énonciation de problèmes ou de solutions. Les chercheurs avaient étudié 43 139 phrases dites dans 43 équipes réparties dans 2 entreprises qui leur ont permis d’étudier 3 faits :

  • Après une phrase positive, le locuteur suivant a 17% de chances en plus d’être positif.

  • Après une solution proposée, le locuteur suivant a 8% de chances en plus d’être positif.

  • Enfin, après l’énonciation d’un problème, le locuteur suivant a 33% de chances en MOINS d’être positif.

Ce dernier fait nous amène vers la conclusion et surtout le patient 0 : le sac à merde défaitiste de gauche bouffé jusqu’à la moelle par son pessimisme défensif qui est un véritable virus sur pattes.

Comment le contrer ? Comment faire gagner la gauche en se débarrassant une bonne fois pour toutes du doute et du défaitisme ? C’est ce que nous allons voir dans la troisième partie.



III. Comment abattre le défaitisme pour remporter le pouvoir ?

Nous arrivons au moment de la conclusion. J’ai cité des articles scientifiques à tire-larigot pour expliquer le problème du défaitisme et comment il opérait à gauche, notamment durant les élections.

Il est temps de proposer un plan pour contrer ce marronnier qui m’a bien trop lassé.

Tout d’abord, il faut nommer la contagion émotionnelle et l’expliquer à vos pairs. Bien trop de gens se laissent aller au défaitisme électoral de manière ouverte et décomplexée car ils ne conscientisent pas qu’ils peuvent être l’allumette qui démarrera le feu du désespoir. Exprimer son désespoir ponctuellement entre amis, ça peut être sain. Aller crier sur les réseaux sociaux que la lutte est perdue d’avance, c’est être un énorme trou de balle qui veut répandre son angoisse pour ne pas se sentir seul dans la fosse de son désespoir.

Bref, nommer la contagion la rend explicite et la rend donc contrôlable. Ça permet aussi de rentrer dans des discussions avec les prédicateurs de la défaite. Leur logiciel est faible. Leur seule défense consiste à dire qu’ils veulent protéger les gens de la “déception”. On est en plein dans l’auto-handicap. Ces gens préfèrent saboter les chances de leur camp en décourageant tout le monde plutôt que d’essayer de croire pendant l’espace d’un instant en un lendemain meilleur.

Ensuite, pour écraser la parole bien trop bruyante de ces anxieux, il faut mobiliser de deux manières. Tout d’abord, il faut switcher du problème à la solution. Comme nous l’avons vu, l’énonciation de problèmes rend négatif alors que les propositions de solutions rendent positif. Or, pour gagner une élection, il faut déborder de positivité.

C’est pourquoi il faut adopter un discours et un langage corporel sur-positif si vous en avez les moyens.

Vous êtes dans une course interne à votre camp, il faut contaminer les gens de votre enthousiasme avant qu’ils ne soient contaminés par le doute. Ce sont la fierté et l’espoir qui transportent les foules aux urnes, pas la honte et la peur. Les premières mobilisent alors que les secondes paralysent et amènent toujours au moindre risque.


Ceci nous emmène au troisième point. Vous devez attraper les influenceurs par le col, même les plus petits. C’est la masse, sûre de la victoire de LFI en 2027 qui nous permettra de gagner. Si une majorité de leaders, que sont les micro-influenceurs, est aussi sûre de la victoire de Mélenchon que le soleil se lèvera demain, la victoire est acquise par avance.

Vivre dans le sport, regarder et étudier le sport m’a appris ça : énormément de matchs ne se jouent pas sur le terrain. Ils se jouent avant. Une équipe arrive la peur au ventre tandis que l’autre arrive en débordant de confiance et le match est plié avant d’avoir commencé. Il faut instaurer la même dynamique pour les élections à venir.


Pour 2027, refusez la peur en vos coeurs, cultivez la certitude dans vos esprits jusqu’à la rendre florissante. Vous serez alors un appui de taille pour la victoire de la gauche.

Gardez en tête que votre seul devoir est de sauter dans le train. LFI n’a jamais été aussi proche de conquérir le pouvoir. La victoire est à l’horizon et il ne tient qu’à notre volonté indéfectible de vaincre pour envoyer Jean-Luc Mélenchon à l’Elysée. Nous pourrons alors espérer une vie meilleure.



Sources

1. Friesen A, Stanley D, Devonport T, & Lane AM (2019) Regulating own and teammates’ emotions prior to competition. Mov Sport Sci/Sci Mot, 105, 5–15 A. Friesen et al.: Mov Sport Sci/Sci Mot 2019, 105, 5–15 15 : https://doi.org/10.1051/sm/2019014.

2. Ramírez-Maestre C, Esteve R, Serrano-Ibáñez ER, López-Martínez AE, Ruiz-Párraga GT, Rivas-Moya T (2020) Psychometric characteristics and factorial structures of the Defensive Pessimism Questionnaire—Spanish Version (DPQ-SV). PLoS ONE 15(4): e0229695. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0229695.

3. Vanessa Wergin, V., Zimanyi, Z., & Beckmann, J. (2021). A field study investigating running distance and affect of field hockey players in collective team collapse situations. International Journal of Sport and Exercise Psychology, 19(4), 584–597. https://doi.org/10.1080/1612197X.2020.1817123.

4. Totterdell P. Catching moods and hitting runs: mood linkage and subjective performance in professional sport teams. J Appl Psychol. 2000 Dec;85(6):848-59. doi: 10.1037/0021-9010.85.6.848. PMID: 11125650.

5.Rumbold, J. L., Newman, J. A., Foster, D., Rhind, D. J. A., Phoenix, J., & Hickey, L. (2022). Assessing post-game emotions in soccer teams: The role of distinct emotional dynamics. European Journal of Sport Science, 22(6), 888–896. https://doi.org/10.1080/17461391.2021.1916079.

6. Moll T, Jordet G, Pepping GJ. Emotional contagion in soccer penalty shootouts: celebration of individual success is associated with ultimate team success. J Sports Sci. 2010 Jul;28(9):983-92. doi: 10.1080/02640414.2010.484068. PMID: 20544488. 

7.Barsade, S. G. (2002). The Ripple Effect: Emotional Contagion and its Influence on Group Behavior. Administrative Science Quarterly, 47(4), 644-675.

8. Ilies, R., Wagner, D. T., & Morgeson, F. P. (2007). Explaining affective linkages in teams: Individual differences in susceptibility to contagion and individualism-collectivism. Journal of Applied Psychology, 92(4), 1140–1148. https://doi.org/10.1037/0021-9010.92.4.1140.

9. Doherty, R.W., Orimoto, L., Singelis, T.M., Hatfield, E. and Hebb, J. (1995), EMOTIONAL CONTAGION Gender and Occupational Differences. Psychology of Women Quarterly, 19: 355-371. https://doi.org/10.1111/j.1471-6402.1995.tb00080.x.

10. Moll, T., & Davies, G. L. (2021). The effects of coaches' emotional expressions on players' performance: Experimental evidence in a football context. Psychology of Sport and Exercise, 54, Article 101913. https://doi.org/10.1016/j.psychsport.2021.101913.

11. Lehmann-Willenbrock N, Chiu MM, Lei Z, & Kauffeld S (2016). Understanding positivity within dynamic team interactions: A statistical discourse analysis. Group & Organization Management, 42(1), 39–78. https://doi.org/10.1177/1059601116628720.

Alexandre Jaafari