"Lait, mensonges et propagande" de Thierry Souccar

Après la lecture de ce livre, je me suis dit qu’il serait sympa de partager les connaissances que j’y ai acquises via cet article au lieu de simplement poster ma critique là où je la mets habituellement. Thierry Souccar écrit ce livre à charge contre le lait (on s’en serait douté vu la couverture plutôt agressive) où il montre que cet aliment ne serait pas aussi bénéfique qu’on veut nous le faire croire.

Personnellement, j’avais un avis plutôt négatif sur le lait et neutre vis-à-vis des autres produits laitiers. J’ai arrêté le lait à mes 18 ans quand j’ai finalement capté qu’il était responsable de mes maux de ventre à répétition.

Ma mère avait alors exprimé son inquiétude « mais comment tu vas faire pour le calcium ? Tu vas être en manque ! ». Et c’est là qu’intervient le premier point flippant de l’industrie du lait : leur lobby est tellement tentaculaire qu’ils ont réussi à inculquer des choses fausses à une grande partie de la population et à faire croire que les produits laitiers sont indispensables. Et ça commence par le calcium.

 

Le calcium

Le lobby du lait fait une grosse partie de sa publicité là-dessus. Comme quoi leurs produits seraient les seuls à contenir du calcium. C’est une grosse connerie. Je répète : c’est une grosse connerie. Les fruits, les légumes et les oléagineux en contiennent également et peuvent totalement suffire pour votre apport de calcium quotidien.

Pire encore, une suralimentation de produits laitiers pourrait conduire à une surconsommation de calcium qui amènerait à des problèmes plus graves.

 

L’ostéoporose

Le livre présente deux théories. La première émane de Mark Hegsted. Cet homme explique qu’une surconsommation de calcium perturberait le métabolisme. A force, nous ne serions plus capables de conserver le calcium pour l’utiliser pour notre ossature.

La deuxième hypothèse provient de l’auteur lui-même. Il pense que le calcium stimulerait le remodelage osseux. Or, pour qu’il y ait remodelage osseux, il faut une destruction préalable. Le problème étant que les « agents » responsables de la construction sont en nombre restreint dans notre corps. A force de stimuler leur travail avec un apport alimentaire trop riche en calcium, nous épuiserions leurs nombres ce qui conduirait à une population bourrée d’ostéoporoses dans les pays consommateurs de produits laitiers.

Ainsi, sur ce graphique extrait du livre, on note une corrélation entre la consommation de lait et les fractures du col du fémur :

 

Même au-delà de ça, ce que je trouve plus dérangeant, c’est que les lobbys laitiers n’ont maintenant apporté aucune preuve que les laits renforcent les os. Pourtant, c’est dans la tête d’un bon nombre de parents du pays qui croient protéger leur progéniture en les gavant de lait. Jusqu’à ce que ceux-ci voient éclore les premiers signes d’intolérance au lactose.

 

L’intolérance au lactose.

Le lactose peut provoquer un tas de symptômes chez ceux qui y sont intolérants : troubles digestifs, maux de têtes, douleurs musculaires, allergies…

Ce qui est assez fascinant, c’est que l’on n’est pas égaux devant cette intolérance selon nos origines. Ainsi 80% des scandinaves tolèrent le lactose, tandis que c’est le cas de 59% des français et 11% des italiens.

C’est aussi différent sur le continent africain où le lait est digéré par 49% des marocains, par 70% d’une tribu soudanaise et par 10% de la population africaine en général.

C’est assez fou de voir que les produits laitiers sont aussi répandus alors qu’ils ne sont pas tolérés par une partie aussi importante de la population.

Malheureusement, l’intolérance au lactose n’est pas le problème plus grave associé à la consommation de lait.

 

Le cancer

Cette partie-là est un peu compliquée mais en résumé, le lait contient beaucoup de protéines IGF-1 (Insulin-like Growth Factor) qui favorisent l’apparition de cancers quand elles sont consommées en trop grande quantités. L’auteur s’appuie sur le graphique suivant qui montre une corrélation entre le cancer de la prostate et la consommation de lait. Après, il faut toujours faire gaffe à ce genre de corrélation simple à deux variables comme le montre l’excellent site http://tylervigen.com/old-version.html.

 

Donc, même s’ils sont à prendre avec une certaine considération, ces chiffres sont néanmoins troublants.

 

En conclusion

C’est sans doute la partie la plus crédible des arguments contre le lait : les scientifiques détournés par le lobby du lait pour crédibiliser le lait. Ils vont ainsi avancer des études bidons, détourner des résultats et faire des conférences pour rassurer les médias sur les produits laitiers.

Thierry Souccar a un ton assez revendicatif pendant tout le livre qui frôle l’agressivité mais je suis tout à fait prêt à le croire quand il raconte ce genre de choses.

Néanmoins, bien qu’il m’ait apporté des informations précieuses, je ne serais pas aussi catégorique que lui sur le lait. Certes ce produit est fait pour faire prendre 500 kilos au veau pendant sa croissance et cela pourrait avoir des effets délétères sur notre santé mais je pense qu’en restant modéré, on peut profiter des avantages que procurent les produits laitiers (protéines, diversité et plaisir gustatif).

De plus, bien que l’auteur soit relativement clair dans ses propos. J’aurais aimé qu’il raccourcisse son livre. En effet, il se perd plusieurs fois au sein de sa structure narrative hasardeuse alors qu’on aurait pu plus facilement absorber ses contenus s’il avait raccourci son livre et synthétisé ses informations. Le responsable de ce couac est la première partie historique qui est vraiment troooop longue… Un quart du livre est consacré à cette remise en place du contexte qui est au final plutôt chiante et inintéressante.

C’est dommage car au final, j’ai eu l’impression d’avoir une idée globale des effets néfastes du lait mais rien de super précis, ceci, malgré mes prises de notes.

Mais ce livre de Thierry Souccar reste une très bonne lecture qui permettra de confirmer les doutes de certains et d’ouvrir les yeux d’autres par rapport aux produits laitiers. Une fois ce livre lu, chacun sera libre de compléter ses connaissances avec d’autres lectures/vidéos et de modifier ou non sa consommation de produits laitiers.