Rétrospective sur les deux premières années de coaching

Régulièrement, comme tout entrepreneur, je me pose des questions sur mon activité, je stresse et j’ai peur :

« Où j’en suis ? Est-ce que je progresse ? Est-ce que je devrais arrêter et chercher à devenir salarié ? Qu’est-ce que je pourrais faire pour avoir plus de clients/plus d’argent ? »

C’est pourquoi il y a un mois de cela, j’ai décidé de dépouiller tout mon training log dans lequel je note depuis début 2015 tous les clients que j’ai eu le plaisir de coacher et l’argent que j’ai acquis par ce moyen.

Du coup, dans cet article nous allons voir :

  • Comment mon chiffre d’affaire a évolué au fil des années, que cela soit d’un point de vue financier ou comment il était alimenté.
  • Quel est la durée de vie de mes clients selon le fait qu’ils viennent d’un intermédiaire, que je les ai en cours collectif ou individuel.
  • Des points de réflexion divers sur le métier de coaching sportif et sur les points d’amélioration.

Pour voir plus facilement les graphiques, n’hésitez pas à les ouvrir dans un nouvel onglet avec un clic droit.

I. Le chiffre d’affaire

Dans les graphiques suivants, vous allez respectivement voir mes chiffres d’affaires de 2015 et de 2016 en forme de splendides colonnes.  Les nombres sont bien entendu en millions d’euros. Les périodes ont été divisées en quadrimestres car ils sont beaucoup plus cools que les trimestres.

 

 

On voit donc un bond considérable entre l’année 2015 et 2016. On voit ensuite que le chiffre d’affaires stagne salement du 1er quadrimestre 2016 au 1er quadrimestre 2017.  Quant j’ai fini ces deux premiers graphiques et notamment cette stagnation totale, j’ai baddé.

C’est pourquoi j’ai ensuite fait d’autres graphiques sur l’origine du chiffre d’affaires, j’en ai distingué trois :

  • Individuel : Le chiffre d’affaire que j’ai eu via les clients en individuel.
  • Intermédiaire : Tous les clients que j’ai eu via les innombrables sites d’intermédiaires avec qui j’ai passé des partenariats. En gros, c’est simple, l’intermédiaire répertorie les différentes offres sportives sur Paris. Certains sont spécialisés sur les cours collectifs, d’autres sur les salles d’autres sur les coachs individuels. En échange de cet affichage dans leur catalogue, l’intermédiaire prend de 10 à 50% des gains.
  • Collectif : Seront notés ici tous les clients venus à mes cours collectifs par d’autres biais que les intermédiaires. Cela peut être du bouche à oreille, Internet, mon outil de réservation Meetup…

 

 

 

Et c’est là que ça devient intéressant.

On voit dans un premier temps que les intermédiaires constituaient une part importante de mon chiffre d’affaire, notamment avec l’apparition de UrbanSports (anciennement Somuchmore qui est l’un des leaders dans le marché d’intermédiaire sportif) en juin 2015.

Une fois fois ce boost passé, le chiffre d’affaire rapporté par les intermédiaires n’a fait que baisser passant de 957 euros au 2ème quadrimestre 2015 à 121 euros au 1er quadrimestre 2017. Ceci s’explique par plusieurs hypothèses :

  •  Je pense que j’ai alors bénéficié d’être dans le catalogue de Urbansports dès le  départ et d’être parmi ceux qui étaient les premiers prêts à accueillir des clients.
  • Le sport en extérieur est saisonnier aux yeux du public des intermédiaires. Ce qui fait baisser la fréquentation en automne-hiver.
  • J’ai rompu des contrats avec certains des intermédiaires qui me rapportaient plus de contraintes que de bénéfices, diminuant le très faible chiffre d’affaires qu’ils me rapportaient.
  • Enfin et surtout, au fil du temps, ces intermédiaires ont déterminé les salles et cours qui leur rapportaient le plus et ont axé leur communication autour de ces salles.
  • Mes cours sont moins bons que la concurrence….Naaaan impossibruh 🙂

 

Mais revenons à la répartition de ce chiffre d’affaire. Nous avions vu précédemment que mon chiffre d’affaire avait misérablement stagné sur toute l’année 2016. Néanmoins, alors que la partie du chiffre d’affaires venant des intermédiaires avait baissé, celle venant des cours collectifs avait monté pendant  que celle venant des individuels restait égale. Ce qui est une très bonne chose ! Cela montre que mon offre est qualitative et me permet d’augmenter mon chiffre d’affaires au fur et à mesure du temps.

Et comme nous allons voir dans la partie suivante, excepté pour les individuels, ces constats sont de très bonnes choses.

 

II. De la durée de vie des clients

 


 

 

J’ai ensuite décidé de calculer la durée de vie des clients selon leur origine d’acquisition selon les catégories précédemment énoncées, à savoir individuel, collectif et intermédiaires. Et l’on obtient en vrac des faits très intéressants :

  1. Trois quarts des clients venant des intermédiaires sont restés moins d’un mois avec moi et 92% des clients venant des intermédiaires n’ont pas dépassé une durée de vie de 4 mois.
  2. Si on compare avec les clients des cours collectif, 52% d’entre eux ont une durée de vie de moins d’un mois.  71% n’ont pas dépassé une durée de vie de 4 mois. Par contre, ils sont 15% à être resté un an voir plus.
  3. On relève le même nombre, 14%, des clients individuels à être resté  un an ou plus. Même s’il n’est certainement pas pertinent vu que la masse de clients est complètement différente.

Faire cette mini-analyse m’a beaucoup conforté dans mon choix de carrière. Décortiquer le chiffre d’affaire m’a permis de constater que mon offre fonctionnait et qu’elle progressait malgré la baisse du chiffre d’affaire venant des intermédiaires. Les écarter progressivement est incontestablement une bonne chose au vu des contraintes qu’ils imposent par rapport aux bénéfices qu’ils apportent. Il n’y a aucune raison que mes cours collectifs ne continuent pas à progresser.

L’offre individuelle est plus dure à analyser vu que le nombre de clients reste encore trop faible pour faire des généralités. De plus, la perte d’un client change les chiffres du tout au tout. Je pense qu’il y aura besoin de davantage de données avant de donner des avis précis sur ce domaine.

 

III. Réflexions sur le futur de mon activité

1. Travailler pour une salle ?

Il m’arrive régulièrement de penser à travailler pour une salle. En théorie, cela permettrait d’avoir un salaire sécurisé, d’effectuer en théorie quelques heures enchaînées au même endroit et de me constituer un réseau.

Puis je regarde les annonces et je tombe sur ce genre de truc :

  • On te fait venir aux heures de pointe pour 1-2h avant de te dire de dégager.
  • On te paye au smic.
  • On te fait nettoyer les chiottes.
  • On te fait faire l’accueil.
  • On ne te fait faire que des cours collectifs où tu devrais animer des séances pour 40-50 personnes dont les trois quarts feront n’importe quoi pendant une heure car tu ne pourras pas les corriger.

A chaque fois que je regarde ce genre d’annonce, je me dis « ma situation n’est pas si mal au final 🙂 ».

Je pense également parfois à faire des partenariats avec des salles pour pouvoir coacher des clients contre loyer. Malheureusement, la demande de loyer est toujours fixe (200-250 euros/mois) sans aucune garantie de clients derrière. Il est juste promis que « On vous fera de la pub ». OK MEC !

Plus sérieusement, travailler dans une salle avec l’avantage matériel que cela procure me plairait énormément. Je n’ai malheureusement pas encore rencontré quelqu’un qui me donnerait confiance et des garanties pour basculer dans ce genre de pacte.

 

2. De la frustration du matériel et des conditions de travail

J’avais commencé le coaching sportif comme un teubé de compétition. Je me baladais avec une kettlebell ou un sac bulgare que j’avais conçu moi-même dans mon sac en plus des bandes élastiques, du trx et autres joyeusetés que j’ai conservées dans mon sac aujourd’hui.

Bien entendu, j’ai vite décliné au fil des mois car se balader plusieurs fois par semaine avec 20 kilos mal répartis sur le dos est épuisant. Néanmoins, je tenais quelque chose. Avec l’expérience, je me suis aperçu que sans fonte, que sans quelque chose de lourd, il est très dur voir impossible de travailler correctement les jambes et notamment l’extension des hanches. Les fesses, les quadriceps et les ichio-jambiers sont des muscles tellement puissants qu’ils nécessitent des stimulants tout aussi costauds.

Je trouve d’ailleurs que ça se voit avec les spécialistes du street-workout qui ont toujours de chouettes entraînements et résultats sur le haut du corps mais toujours beaucoup moins cool pour le bas du corps.

C’est pourquoi je pense souvent à des moyens d’avoir de la fonte à mes cours : un chariot de jardin qui me permettrait de transporter une cage à squat démontable et de la fonte autour de chez moi (ça serait l’un des seuls avantages d’habiter au rez-de-chaussée :p), la location d’un container à plusieurs sur les berges de Seine, louer une cave dans un accès central de Paris…

Bref, beaucoup de fantaisies pour quelque chose qui n’est certainement pas si important que ça au final.

 

3. Conclusion

Il y a d’autres aspects du coaching sportif sur lesquels j’ai écrit au cours de cet article que je n’ai pas inclus ici. D’une part parce que ça l’aurait rendu indigeste et de l’autre car ces thèmes mériteraient des articles à part.

Bien entendu, il va falloir que je continue à tester des choses, que je sorte de ma zone de confort pour m’attirer d’autres clients mais le coaching sportif est indéniablement le métier de ma vie. Il ne reste plus qu’à progresser pour en vivre confortablement et acquérir davantage de sérénité.

2 commentaires sur « Rétrospective sur les deux premières années de coaching »

  • Félicitation pour cet article Coach !!! Je le trouve super intéressant et bien réalisé. Effectivement, quand tu es indépendant il faut parfois faire le bilan pour prendre les bonnes décisions ! J’adore le passage ou tu te demande si il ne serait pas plus « confortable » de prendre un poste salarié dans une salle et qu’au final tu reste sur tes principes. Tu fait le choix de la qualité sur la quantité et c’est tout à ton honneur. Accroche toi La bise

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Les contacts