Ôde au bénévolat

Aujourd’hui, je suis pauvre.

Aujourd’hui, j’ai un casque sur les oreilles.

Aujourd’hui, j’ai envie d’écrire sur mes grognards.

Voilà cinq ans que je coache les seniors masculins de Martigua. A savoir une section senior de handball masculin. Soit des hommes de 18 à 40 ans voir plus (j’espère !).

Et j’ai une position très controversée à ce propos. A savoir que je me trouve idiot chaque jour d’accepter ce poste de bénévole car je pense que le bénévolat détruit le travail et le milieu associatif.

Mais en même temps, ça fait 5 ans que j’accepte ce poste de bénévole, et surtout cela fait 5 ans que mes grognards m’acceptent en tant qu’entraîneur bénévole.

 

I. Pourquoi ?

Car je pense que ce poste d’entraîneur bénévole m’a donné mes meilleures expériences émotionnelles et professionnelles que j’ai pu connaître.

Commençons par la début : le professionnel :

 

  • Dans mon équipe j’ai eu en vrac :
    • Un charpentier aluminium
    • Des mecs qui se cooptent chez la SNCF
    • Un mec qui fait du théâtre en amateur et qui ne s’est pas encore trouvé
    • Un professeur d’EPS
    • Deux gros tocards qui m’aimeront toute leur vie et avec qui j’ai fait des grosses crasses
    • Un mec bien trop cool par rapport à ce qu’il est capable d’accomplir…et qui m’a donné un plaisir énorme le jour où il m’a dit qu’il avait progressé le jour où je lui avais donné des responsabilités dans l’équipe
    • Un chercheur en sciences économiques
    • Des mecs qui m’ont connu puceau et lycéen
    • Un norvégien chelou qui me fait toujours sourire
    • Un expert en assurances
    • Un mec avec le 1vs1 le plus lent au monde
    • Des merdeux que je torche aux jeux vidéo
    • Un expert en évenementiel
    • Le manager d’Aris Bagel
    • Un graphiste entrepeneur bien trop discret
    • Un accordéoniste dont le génie n’attend que lui-même
    • Un contrôleur de gestion de Nestlé
    • Un chef d’entreprise qui me raccompagne en caisse parce que c’est ma bitch
    • Un gars qui fait des trains quand ça lui chante mais qui s’est découvert mine de rien à travers la petite balle ronde même s’il aime l’ovalie
    • Un tas d’ingénieurs chez GDF/EDF
    • Et même un constructeurs de drone.

Et encore bien d’autres que je ne saurais nommer (putain, m’en voulez pas si je ne vous ai pas nommé  ! Vous savez que je vous aime. Et si vous ne le savez pas, venez prendre un câlin au prochain entraînement/match).

A travers tous ces gars qui ont bien voulu partager leur vie avec moi, j’ai appris. Ils ont mis leur loisir entre mes mains et m’ont donné toute autorité dessus.

Depuis 5 ans, plus de 200 gars m’ont donné toute autorité sur leur pratique du handball et j’en suis ressorti grandi.

Car je devais choisir.
Car je devais être cool pour avoir leur adhésion.
Car ils me remettaient leur pratique du handball entre mes mains.
Et surtout leur confiance.

 

II. Parce que

Chaque jour qui passe. J’ai la haine.

J’ai la haine car un sac à merde touche X millions sans lever le petit doigt en parachute doré.

X sacs parce qu’il est né sous la bonne étoile alors que je bouffe du casino et du boucher du coin en comptant mes sous.

Mais pourtant, chaque année, je rempile.

Parce que chacun de ces sacs à merde me respecte et donnerait leur énergie autant que je la leur donne chaque jour qui passe.

Parce que ces mecs m’ont fait vivre des émotions que personne ne peut vivre autrement.

 

III. La Genèse

En 2012, je me fais opérer du ligament croisé. Je reviens à Martigua en tant que coach et nous gagnons par miracle le titre de champion départemental de Paris.

Ca sera ma 1ère émotion de coach de handball.

3 ans après, nous repartons à la conquête du même titre. Souvent chassé, souvent douloureux mais obtenu après une grosse douleur interne. Celle de ne jamais avouer de se donner autant de mal parce que ce n’est qu’un jeu mais ça fait quand même mal au cul de ne pas gagner.

Au final, je remporte le titre avec mes grognards devant une centaine de personnes dont ma femme, MA SOEUR et mes parents.

Je me mettrai une murge monstrueuse dont je me souviendrai toute ma vie. Et surtout, je verserai des larmes de joie dont je me souviendrai toute ma vie. Et surtout, surtout car ces sacs à merde me rendent fier à chaque entraînement. Mëme quand je dois leur répéter la même consigne dix fois.

 

IV. A part ça ?

Des hommes que j’aime, dont je serai fier et que j’aimerais toute ma vie.

Des souvenirs impérissables dans et hors de Paris.

Une expérience de maîtrise de groupe inégalable qui déboîte toutes les formations merdiques de management.

Bref. Le bénévolat…Oubliez-le mais ça vous enrichira peut-être. Donc pensez-y les copains. Le bénévolat, c’est vraiment de la merde mais ça permet de vivre des émotions non vivables ailleurs.

Wesh.

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